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In Memoriam

Bernard d'Espagnat (1921-2015)
 
dEspagnatBernard d’Espagnat, né le 22 août 1921 à Fourmagnac et mort le 1er août 2015 à Paris, est un physicien français.
Il est membre de l'Académie des sciences morales et politiques à partir de 1996, professeur émérite de l'Université Paris Orsay, désormais Université Paris Sud, membre de l'Académie internationale de philosophie des sciences (Bruxelles) à partir de 1975 et de l'université interdisciplinaire de Paris.
À partir de la fin des années 1960, il se distingue par ses travaux sur les enjeux philosophiques de la mécanique quantique et, en particulier, par sa conception du « réel voilé », qui constitue une approche originale du réalisme en physique.
Il est le fils du peintre Georges d’Espagnat (1870-1950), auquel il a consacré un ouvrage.
Bernard d'Espagnat a obtenu son doctorat à l'École polytechnique, qu'il a intégrée en 1942, et à l'Institut Henri-Poincaré (promotion Louis de Broglie). Il débute sa carrière en tant que chercheur au Centre national de la recherche scientifique(CNRS), de 1947 à 1957. Durant cette période, il travaille également avec le physicien Enrico Fermi à Chicago (1951-1952) et sur un projet de recherche mené par Niels Bohr à l'Institut de Copenhague (1953-1954). Il poursuit sa carrière scientifique en rejoignant le Centre d'études et de recherches nucléaires (CERN), à Genève, et comme physicien théorique à l'institution qui succède au CERN, l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire (1954-1959).
De 1959 à sa retraite, en 1987, il enseigne à la Faculté des sciences de la Sorbonne. Il dirige le Laboratoire de physique théorique et des particules élémentaires de l'Université Paris-Sud 11, à Orsay (1980-1987). Par ailleurs, il est professeur invité à l’Université du Texas à Austin, en 1977, et à l'Université de Californie à Santa Barbara, en 1984. En 2009, il se voit décerner le prix Templeton.
Il a en particulier contribué à éclaircir les enjeux théoriques des expériences d’Alain Aspect sur le paradoxe EPR.
Ouvrages: 
•Conceptions de la physique contemporaine ; les interprétations de la mécanique quantique et de la mesure (1965)
•Conceptual Foundations of Quantum Mechanics (1971)
•À la recherche du réel - Le regard d’un physicien, Gauthier-Villars, 1979 réédition Pocket, 1991
•Un Atome de sagesse, propos d’un physicien sur le réel voilé (1982)
•Nonseparability and the Tentative Descriptions of Reality (1984)
•Une incertaine réalité - Le monde quantique, la connaissance et la durée, Gauthier-Villars, 1985 réédition Fayard, 1993
•Penser la science ou les enjeux du savoir (1990)
•Georges d’Espagnat (1990)
•Regards sur la matière des quanta et des choses (en collaboration avec Étienne Klein) (1993)
•Le réel voilé - Analyse des concepts quantiques, Fayard, 1994
•Physique et réalité, un débat avec Bernard d’Espagnat (1997)
•Ondine et les feux du savoir. Carnets d'une petite sirène (1998)
•Traité de physique et de philosophie (2002)
•Candide et le physicien (avec Claude Saliceti, 2008)
 
 
Stanislas Docks (1901-1985)
 
dockxLe Père Stanislas Dockx o.p., fondateur des deux Académies AIPS et AISR.

 Stanislas Dockx est né à Anvers (Belgique) le 31 mars 1901 dans une ancienne famille de commerçants anversois. Il fut d'abord orienté vers des études de commerce mais il fut vite bien plus intéressé par les problèmes philosophiques, sociologiques et religieux. Le 7 novembre 1920, il entra dans l'Ordre de St Dominique. Il fit son noviciat au couvent de La Sarte, près de Huy. De 1921 à 1924, il reçut sa formation philosophique au couvent de Gand. Au-delà des cours reçus, il tenait à lire directement les auteurs dans le texte. Il s'intéressa particulièrement à la métaphysique, à la logique, à la cosmologie, à la psychologie rationnelle et expérimentale. Vinrent ensuite les années d'études théologiques au couvent de Louvain. Il demanda alors l'autorisation de poursuivre des études en vue de l'obtention d'un doctorat en physique-mathématique mais ce projet fut retardé car il lui fut demandé d'assurer des cours (Ecriture Sainte, cosmologie, sciences naturelles) au Studium dominicain de La Sarte (de 1929 à 1936). Il eut cependant l'occasion, pendant ce temps, de suivre des cours de physique et de mathématique aux universités de Liège et de Louvain. Il élabora à ce moment une "Théorie fondamentale du système périodique des éléments" (éditée en 1959). En 1936, il fut nommé directeur du collège international des étudiants de l'université (dominicaine) de Fribourg (en Suisse). Mais il suivit lui-même des cours complémentaires de théologie et obtint, en 1938, le diplôme de docteur en théologie avec une thèse sur la théologie thomiste de la grâce ("Fils de Dieu par grâce", éditée en 1948). Il fut alors appelé au Studium dominicain de Varsovie où il assura (en latin) les cours de métaphysique et de théologie fondamentale. De retour en Belgique en 1939, il assura les cours de logique, de philosophie des sciences, de métaphysique et de cosmologie au Studium (philosophique) de Gand et ensuite des cours de théologie au Studium de Louvain, jusqu'en 1956. C'est pendant ces années qu'il fonda l'Institut International des Sciences Théoriques et tout d'abord la "classe des sciences profanes" (qui devint l'Académie Internationale de Philosophie des Sciences) dont le premier symposium eut lieu au Palais des Académies de Bruxelles en 1947. Un deuxième symposium eut lieu à Paris en 1949. Mais le suivant n'eut lieu qu'en 1961, étant donné ses obligations d'enseignement (et, de 1956 à 58, sa présence à Rome comme Pénitencier Apostolique à la basilique Sainte-Marie Majeure). A l'occasion du Concile Vatican II (1963-65), il fut sollicité comme expert ("peritus") par le patriarche grec-catholique Maximos IV. Le rapport qu'il rédigea dans le cadre de cette fonction ("Des pouvoirs dans l'Eglise",) fut distribué à tous les Pères conciliaires. La thèse, suivant laquelle  le pouvoir des évêques tient à leur ordination comme évêque et non d'une délégation à partir du pape, fut largement discutée et se retrouva dans les textes conciliaires. Il fut aussi la cheville ouvrière de la levée des excommunications (de 1054) entre l'Eglise orthodoxe et l'Eglise catholique (le 7 décembre 1965) et des visites de Paul VI au Patriarche Athénagoras de Constantinople (25 juillet 1967) et de celui-ci à Rome (le 26 octobre 1967). C'est dans ce milieu des experts conciliaires qu'il trouva le vivier des théologiens (dont Mgr Ratzinger ...) désireux de continuer une recherche ouverte en théologie. Sollicités par le Père Dockx (qui avait également sollicité des théologiens des autres confessions chrétiennes), ils acceptèrent de devenir les membres fondateurs de l' Académie Internationale des Sciences Religieuses (la "classe des sciences sacrées" pressentie dès 1944). Le premier symposium de fondation eut lieu, dans la foulée, dans l'ancien couvent dominicain de Constance en mai 1964 sur le thème de la collégialité épiscopale. Agé de 63 ans, le Père Dockx se consacra dès lors entièrement aux Académies, jusqu'à ses 80 ans. Ses qualités humaines d'amabilité, de délicatesse, de discrétion, non moins que sa largeur d'esprit, son souci de la liberté de recherche et de parole et d'une recherche pointue chacun dans ses compétences donnèrent l'empreinte à son oeuvre. Après quelques accrocs de santé, il mourut le 7 novembre 1985 à Bruxelles, âgé de 84 ans.  

 
Gilles G. Granger (1920-2016)
 
Gilles-Gaston Granger (January 28, 1920- August 24, 2016) was a French philosopher who contributed to philosophy of social sciences, philosophy of logic and mathematics, and history of philosophy, writing on philosophers such as Aristotle, Condorcet, Bolzano, and Wittgenstein. Interested in the variety of methods underlying scientific reasoning, he created in 1964, developed and directed until 1986 the Center for Comparative Epistemology at the University of Aix-en Provence. Elected in 1986 at College de France with a chair of the same name, he has left a substantial bibliography including nineteen books and one hundred and fifty articles. His work has been translated in nine languages.
Gaston Granger was born and grew up in Paris. His father was a carpenter. His mother and younger sister both died from tuberculosis when he was still a toddler. Given his excellent results in primary school, he was encouraged to become a school teacher, a cursus which, at the time, did not require a baccalaureate. One of his father's clients, however, himself a Professor, understood that the young man had exceptional intellectual talents. Thanks to his help, young Granger was admitted to Lycée Henri IV, and became in 1940 a student in the prestigious Ecole Normale Supérieure. He passionately attended Jean Cavaillès' seminar until the latter was arrested as a resistant in August 1942. Cavaillès' work on the Philosophy of Mathematics may have motivated him and his classmate Jules Vuillemin to study mathematics. Along with other ENS students who opposed force labour in Germany, however, he had to leave ENS to join a Resistance group in Creuse in 1943.  After the war, he kept his resistant code name of Gilles.
He was nominated in 1947 Professor of Philosophy at the University of São Paulo, where he taught and published articles in Portuguese. Nominated in the University of Rennes (France) in 1955, he defended a State Doctoral thesis comprising two books about Economic Methodology and the Social Mathematics of Condorcet. 
On line with these works, his next major opus, Formal Thought and the Sciences of Man (1960), deals with the mathematical models that contribute to formalization in the human sciences. It is based on the transcendental claim that mathematics have an a priori role in producing scientific knowledge. Scientific objectification is seen as a symbolic process through which what Grangerwill later call "formal contents" are generated. Scrutinized from the viewpoint of science in the making, the computational properties of the languages of science across fields of inquiry (linguistics, economics, psychology) are emphasized as reflecting specific rational practices of interest to the philosopher of science.
After two years spent in Congo as a Director of the Ecole Normale Supérieure of Central Africa, he was nominated Professor at the University of Aix-en Provence in 1964. Within a few years, he managed to set up an active research group. As a "Center for Comparative Epistemology", it specialized in the study of the modes of knowledge production across scientific fields, with a strong emphasis on the philosophy of mathematics and logic. With its research seminar and his library, this CNRS-funded unit would soon attract students and researchers from around the world, in particular from Canada, where Granger has been a regular guest speaker and invited Professor. A major event organized in 1969 by the Center was the Conference entitled "Wittgenstein and the problem of the philosophy of science". That same year, Granger published a book on Wittgenstein, followed, much later, by a translation of Wittgenstein's Tractatus Logico-Philosophicus.
Granger's Essay on the Philosophy of Style, published in 1968, highlights stylistic variations in the formal analysis of magnitude, geometry, vectors, linguistic, and action theory. These variations are seen as the proper object of philosophy, whose goal is to interpret individual ways of construing the relation between form and content. Philosophical knowledge is now seen as intimately linked to the exploration of stylistic comparisons between scientific modelizations. Pour une Connaissance Philosophique, published in 1988, develops further the concept of philosophical knowledge as an interpretive endeavour, focussing on the stylistic variations and their specific types of formal contents.
From 1986 to 1990, Granger held the chair of Comparative Epistemology at College de France. He authored no less that eight more books after his retirement. Gilles Granger was Doctor Honoris Causa of the Universities of São Paulo, (Brazil) and Sherbrook (Canada). He has exerted a deep influence on his students and colleagues.  Two books have been devoted to his work.
  
Publications
Lógica e filosofia das ciências, São Paulo: Editora Melhoramentos, 1955.
La Raison, Paris, Presses Universitaires de France, 1955, 1984.
Méthodologie économique, Paris: Presses Universitaires de France, 1955.
La mathématique sociale du Marquis de Condorcet, Paris, Presses Universitaires de France, 1956,
  Paris: Odile Jacob, 1989.
Pensée formelle et sciences de l'homme, Paris, Aubier-Montaigne, 1960, augmented edition: 1967, Paris:
  Archives Karéline, 2010.
Wittgenstein, Paris: Seghers, 1969.
Essai d'une philosophie du style, Paris: Armand Colin, 1969, Paris: Odile Jacob, 1987.
La Théorie aristotélicienne de la science, Paris: Aubier, 1976.
Langages et épistémologie, Paris, Klincksieck, 1979.
Leçon inaugurale, Paris: Collège de France, 1987.
Pour la connaissance philosophique, Paris: Odile Jacob, 1988.
Invitation à la lecture de Wittgenstein, Aix-en-Provence: Alinéa, 1990.
La Vérification, Paris: Odile Jacob, 1992.
La Science et les sciences, Paris: Presses Universitaires de France, coll. "Que sais-je ?", 1993.
Formes, opérations, objets, Paris: Vrin, 1994.
Le probable, le possible et le virtuel, Paris: Odile Jacob, 1995.
L'irrationnel, Paris: Odile Jacob, 1998.
La pensée de l'espace, Paris: Odile Jacob, 1999.
Sciences et réalité, Paris: Odile Jacob, 2001.
Philosophie langage science, Paris: EDP Sciences, 2003.
 
Translations
Wittgenstein, L. Carnets 1914-1916. Paris: Gallimard, 1971.
Wittgenstein, L. Tractatus Logico-Philosophicus. Paris: Gallimard, 1972.
 
Collective Books on Gilles-Gaston Granger's Philosophy:
La Connaissance Philosophique. Essais sur la philosophie de Gilles Gaston Granger. Joëlle Proust &
  Elisabeth Schwartz (eds.), Paris: Presses Universitaires de France, 1995.
La pensée de Gilles-Gaston Granger, (Antonia Soulez, ed.), Paris: Hermann, 2010.
 
(by Joëlle Proust).

 
Georg Kreisel (1923-2015)
 
KreiselGeorgGeorg Kreisel (September 15, 1923 in Graz – March 1, 2015 in Salzburg) was an Austrian-born mathematical logician who studied and worked in Great Britain and America. Kreisel came from a Jewish background; his family sent him to England before the Anschluss, where he studied mathematics at Trinity College, Cambridge and then, during World War II, worked on military subjects. After the war he returned to Cambridge and received his doctorate. He taught at the University of Reading until 1954 and then worked at the  Institute for Advanced Study from 1955 to 1957. Subsequently he taught at Stanford University and the University of Paris. Kreisel was appointed a professor at Stanford University in 1962 and remained on the faculty there until he retired in 1985.
 
Kreisel worked in various areas of logic, and especially in proof theory, where he is known for his so-called "unwinding" program, whose aim was to extract constructive content from superficially non-constructive proofs.
 
Kreisel was elected to the Royal Society in 1966; Kreisel remained a close friend of Francis Crick whom he had met in the Royal Navy during WWII.
 
While a student at Cambridge, Kreisel was the student most respected by Ludwig WittgensteinRay Monk writes, "In 1944--when Kreisel was still only twenty-one--Wittgenstein shocked Rush Rhees by declaring Kreisel to be the most able philosopher he had ever met who was also a mathematician."
 
Kreisel was also a close friend of the Anglo-Irish philosopher and novelist Iris Murdoch. They met at Cambridge in 1947 during Murdoch's year of study there. Peter Conradi reports that Murdoch transcribed Kreisel's letters into her journals over the next fifty years. According to Conradi, "For half a century she nonetheless records variously Kreisel's brilliance, wit and sheer 'dotty' solipsistic strangeness, his amoralism, cruelty, ambiguous vanity and obscenity." Murdoch dedicated her 1971 novel An Accidental Man to Kreisel and he became a (partial) model for several characters in other novels, including Marcus Vallar in The Message to the Planet and Guy Openshaw in Nuns and Soldiers.
 
After retirement Kreisel lived in Salzburg, Austria. He wrote several biographies of mathematicians including Kurt Gödel, Bertrand Russell and  Luitzen Egbertus Jan Brouwer.
 
 
 Jean Ladrière (1921-2007) 

ladriere  Jean Ladrière naquit à Nivelles (Belgique) en 1921. Au cours de ses études de philosophie à l'Université de Louvain, il s'intéressa particulièrement à la logique formelle (cours du prof. Dopp) et à la philosophie sociale (cours du chanoine Jacques Leclercq).

 Son intérêt pour la logique formelle l'amena à faire des études complémentaires en mathématiques pures. Il consacra sa thèse de doctorat en philosophie (présentée en 1949) à l'étude des "implications du théorème de Gödel pour la théorie de la démonstration". Il rédigea encore un mémoire de licence en mathématiques sur les fonctions récursives (1951) et une thèse d'agrégation (1957) sur "Les limitations internes des formalismes" où, à partir des problèmes posés par le théorème de Gödel et des théorèmes apparentés, il montrait que le langage mathématique ne pouvait pas, ultimement, se passer du langage naturel. C'était donc le thème, très kantien, des limites de la rationalité qui était repris mais dans une perspective nouvelle, comme une exigence interne d'ouverture (et donc non interprété comme une limite) à d'autres champs de sens.

   Dès 1958, il fut chargé d'enseigner la philosophie des sciences et des mathématiques à l'Institut Supérieur de Philosophie de Louvain et, par un regroupement bien réfléchi de cours,  fit de la philosophie des sciences une section à part entière. A l'occasion de son enseignement, très suivi, il ne cessa de développer les problèmes d'épistémologie des sciences et fut un des premiers à introduire les épistémologues anglo-saxons et du Cercle de Vienne (dont, particulièrement, Wittgenstein) dans le monde philosophique francophone et d'en dégager les enjeux (grâce à sa maîtrise des langues, sa très large érudition et son magistral esprit de synthèse). De là, il s'intéressa aussi aux problèmes plus généraux de philosophie du langage, ce qui lui permettait de rejoindre son intuition première d'ouverture souhaitable ou même nécessaire entre les différents "champs de sens" ou langages, dont le langage théologique. Ce dernier et, plus largement, la confrontation entre la raison et la foi tint une place importante dans la réflexion de l'auteur. Il rédigea de très nombreux articles sur tous ces sujets (partiellement rassemblés dans trois volumes sous le titre: Articulation du sens, 1970,1984, 2004) et un livre: La science, le monde et la foi (Casterman, Tournai, 1972).
    Son intérêt pour les sujets de société ne fut pas en reste. Au niveau académique, il reprit le cours de philosophie sociale du chanoine Leclercq pendant de nombreuses années. Il fut co-fondateur d'un Centre de recherche et d'information socio-politique (le CRISP, qui fait toujours référence comme Centre d'analyse indépendant et pertinent sur l'actualité socio-politique belge). En 1973, il publia: Vie sociale et destinée (Duculot, Gembloux), reprenant des thèmes-clés de ses cours. Dans les années '70, l'Unesco lui demanda de rédiger un rapport sur le défi de la science et de la technique par rapport aux cultures. Ce rapport fut publié sous le titre: Les enjeux de la rationalité (Aubier-Montaigne, Paris, 1977). Dans les années '80, il soutint la création et participa activement à l'activité d'un Centre d'études bioéthiques attaché à la faculté de médecine de l'Université de Louvain. En 1999 paraissait encore un volume: L'éthique dans l'univers de la rationalité (Fides, Montréal, 1999), rassemblant diverses contributions et formant une véritable introduction philosophique à l'éthique appliquée.
    Il fit toute sa carrière à l'Université de Louvain (où il dirigea une centaine de thèses de doctorat !). Tous ses étudiants se souviendront de sa manière magique de mettre en valeur leurs (parfois maigres) connaissances. Il fut professeur invité dans de très nombreuses universités étrangères (en France, Portugal, Pologne, Congo, Chili, Brésil, Japon, Etats-Unis). Il participa à de multiples colloques et congrès. Toutes les personnes qui l'ont rencontré ont pu apprécier son extrême modestie et sa délicatesse infinie. Il reçut le titre de docteur honoris causa d'une dizaine d'universités. Il fut membre (et exerça des présidences) de nombreuses associations internationales de philosophie (dont l'AIPS et l'AISR).
 
 
Peter Mittelstaedt (1929-2014)
 
MittelstaedtPeterPeter Mittelstaedt (* 24. November 1929 in Leipzig; † 21. November 2014) war ein deutscher Physiker und Wissenschaftstheoretiker.
Leben:
Nach dem Studium der Physik an den Universitäten Jena, Bonn und Göttingen, mit Promotionsabschluss in Göttingen in Theoretischer Physik im Jahre 1956 bei Werner Heisenberg, hatte Mittelstaedt Forschungsaufenthalte beim CERN in Genf sowie am MIT in Cambridge, USA und am damaligen Max-Planck-Institut für Physik und Astrophysik in München, wo er sich auch im Jahre 1961 habilitierte. Seit 1965 war Mittelstaedt Professor für Theoretische Physik an der Universität zu Köln, seine Hauptarbeitsgebiete waren Philosophie der Naturwissenschaft, Wissenschaftstheorie und Logik sowie Grundlagen der Relativitätstheorie und Quantentheorie. 1968 und 1969 war er Dekan der Mathematisch-Naturwissenschaftlichen Fakultät, 1970 und 1971 Rektor der Universität, 1971 bis 1973 Prorektor, später Prorektor für Forschung in Köln. Mittelstaedt wurde 1995 emeritiert.
Publikationen:
Bücher
Philosophische Probleme der modernen Physik, BI Wissenschaftsverlag 1963 (7. Aufl. 1989)
Klassische Mechanik, BI 1970 (2. Aufl. 1995)
Die Sprache der Physik: Aufsätze und Vorträge, BI 1972
Der Zeitbegriff in der Physik – physikalische und philosophische Untersuchungen zum Zeitbegriff in der klassischen und relativistischen Physik, BI Wissenschaftsverlag 1976 (3. Aufl. 1989)
Quantum Logic, Dordrecht, Reidel 1978
Sprache und Realität in der modernen Physik, BI 1986, mit Paul Busch, Pekka J. Lahti The Quantum Theory of Measurement, Springer, Lecturenotes in Physics, 1991, 2. Auflage 1996
The Interpretation of Quantum Mechanics and the Measurement Process, Cambridge University Press 1998 (paperback 2004) mit Paul A. Weingartner Laws of Nature, Springer 2005
Rational Reconstructions of Modern Physics, Springer, Dordrecht 2011, ISBN 978-94-007-0076-5.
Herausgeber (Auszug)
Symposium on the Foundations of Modern Physics mit Pekka J. Lahti, 1985, 1987, 1990
Symposium on the Foundations of Modern Physics mit Paul Busch und Pekka J. Lahti, 1993
Wissenschaftliche Artikel siehe Homepage
 
 
Jesús Mosterín (1941-2017)
 
MosterinJesusJesús Mosterín (Bilbao, 24 sept. 1941-Barcelona, 4 oct. 2017)
On the 4th of October, 2017, we heard the sad news that AIPS member Jesús Mosterín passed away. He was a highly relevant intellectual in the Spanish milieu, and well known abroad for his contributions to the philosophy of cosmology and biology. It seems not too far-fetched to say that he was a Spanish Russell: a logician by training, founder of the Barcelona group in logic, who unfolded his talent and opened up his interests to a much broader range of issues, becoming a public figure. His views were always marked by a rational, objectivist approach to the questions at stake, which earned him a reputation of being ‘a rationalist.’ But he was, more than that, a thinker of life, of the value of life.
Jesús Mosterín died of cancer caused by exposition to asbestos, an illness about which he spoke openly and with great lucidity two years ago (‘Una cita con la parca’, El País, March 2015). Lucidity is indeed something that comes naturally to mind when speaking of Jesús – an enlightened attitude, an openness of mind without dogmas, but with great rational demands.
He began studying mathematical logic in Germany, Münster, before coming back to Spain and settling in Barcelona. After 1996, he would abandon the Univ. of Barcelona and become a member of the Consejo Superior de Investigaciones Científicas (CSIC). In his early phase, as professor at Barcelona and founder of its logic group, he published texts on elementary logic, on set theory, on second-order logic. But during the 1970s some experiences would change his life and orientation. He started working for the editorial house Salvat and collaborating with renowned naturalist Felix Rodriguez de la Fuente in the publication of an encyclopaedia of animal life, Fauna. This would lead to a life-long engagement with related topics, including his opposition to bullfighting, reflections on the question of animal rights, and the presidency of Proyecto Gran Simio (Great Ape). He wrote books such as ¡Vivan los animales!, A favor de los toros, El triunfo de la compasión, El reino de los animales and El derecho de los animales,  as well as many papers on these issues, thus becoming a well known public figure in these debates in Spain and Latin America.
As he wrote, “It is in our hands to take on the role of lucid guardians of the biosphere, or else abdicate our responsibility and become drunken witnesses of the disaster that we ourselves are causing.” En nuestras manos está asumir nuestro papel de guardianes lúcidos de la biosfera, o abdicar de nuestra responsabilidad y asistir como testigos borrachos al desastre que nosotros mismos estamos provocando.
The expansion of Mosterín’s range of interests had become clear in 1978 with the publication of Racionalidad y acción humana  (several editions up to 2008). In this and other works, such as Filosofía de la cultura, his approach was marked by a highly interdisciplinary perspective, combining ideas from science with philosophical reflections. In his approach to culture, e.g., he liked to emphasize the different forms of cultural life in animals, concluding that we are not the only cultural animal. This line of work culminated with the publication in 2006 of La naturaleza humana, a book in which Mosterín fights to establish the great role of biological traits in human life and behaviour, against philosophical (or other) attempts to insist on the indeterminacy of the human.
Special mention deserves his Spanish edition of Kurt Gödel, Obras completas (Madrid: Alianza Editorial, 1981, 2006), uniting in a single volume all published works of Gödel, which came out before the English edition of collected works prepared by Feferman. And more recently the edition of Rudolf Carnap’s Untersuchungen zur allgemeinen Axiomatik, prepared with Thomas Bonk (Darmstadt: Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 2000).
A particularly relevant contribution to the literature in philosophy of physics is the paper written jointly with J. Earman, A critical look at inflationary cosmology. Philos. Sci. 66 (1999), no. 1, 1–49.
The Spanish-speaking literature in philosophy of science is indebted to Mosterín for a very relevant reference book, the lengthy Diccionario de Lógica y Filosofía de la Ciencia, written in collaboration with Roberto Torretti (Madrid: Alianza Editorial, 2002; second edn. 2010). But there are many other contributions that could be mentioned here, among which I shall mention the book Conceptos y teorías en la ciencia (3rd edn, 2000). Los lógicos (2000, 2007), which offers highly readable presentations of the life and work of key figures in the history of modern logic – Frege, Russell, Cantor, Gödel, von Neumann, Turing. And the collection of papers Ciencia viva: Reflexiones sobre la aventura intelectual de nuestro tiempo (2001, 2006).
All of these works have gone through two or more editions, which is a clear indication of the public following of Mosterín’s well-informed, clear and insightful discussions of intellectual topics.
 
(by José Ferreirós)
 
 
 Ilya Prigogine (1917-2003)

prigogine postcardIlya Prigogine (25 janvier 1917 à Moscou - 28 mai 2003) est un physicien et un chimiste belge d'origine russe. Il a reçu le prix Nobel de chimie en 1977, après avoir reçu la Médaille Rumford en 1976.

 Il est connu surtout pour sa présentation sur les structures dissipatives et l'auto-organisation des systèmes, qui ont changé les approches par rapport aux théories classiques basées sur l'entropie. Ce en quoi il révèle une théorie parallèle à la théorie du chaos. Dans La Nouvelle Alliance. La métamorphose de la science, Prigogine développe la thèse suivante : la science classique considérait les phénomènes comme déterminés et réversibles, ce qui est en contradiction avec l'expérience courante. L'irréversibilité des phénomènes temporels caractéristique de la thermodynamique (non linéaire) réconcilie la physique avec le sens commun, tout en faisant date dans l'histoire de la thermodynamique.

 Biographie

 Il étudia la chimie à l'Université libre de Bruxelles en Belgique.

 Ilya Prigogine explique ainsi son parcours : jeune émigré de Moscou d'origine juive, exilé en Allemagne puis en Belgique à Bruxelles pour fuir le nazisme, il voulut comprendre comment on arrivait à devoir fuir son propre pays. Il aborda la politique mais fut contraint d'étudier le droit. Voulant comprendre le comportement d'un accusé, il étudia la psychologie. Pour comprendre clairement la psychologie et la science du comportement, il buta sur le fonctionnement du cerveau humain. Ainsi, il étudia la biologie, la chimie et enfin la biochimie. En poussant plus loin pour comprendre les interactions chimiques, il étudia la physique des particules. De la physique, il passa à l'astrophysique et à la cosmologie. Il aborda alors les questions fondamentales : la matière, le vide, le temps et son sens unique (la flèche du temps). Pour comprendre la flèche du temps il dut étudier les structures dissipatives.

 En 1977, il est lauréat du prix Nobel de chimie « pour ses contributions à la thermodynamique hors équilibre, particulièrement la théorie des structures dissipatives ».

 Il cofonda le centre qui porte son nom à l'Université du Texas à Austin.

 Il laissa également son nom à la Haute École Libre de Bruxelles Ilya Prigogine (HELB IP), associée à l'Université libre de Bruxelles (ULB). Il était membre de l'Académie roumaine.

 Distinctions et récompenses

 Il a reçu le prix Francqui en 1955 et le titre de docteur honoris causa de l'Université Jagellon de Cracovie en 1981. Il est lauréat du prix Nobel de chimie en 1977.

 Publications

 Introduction à la thermodynamique des processus irréversibles, Dunod, 1968, (ISBN2-87647-169-8)

 
Patrick Suppes (1922-2014)
 
SuppesPatrickPatrick Colonel Suppes (/ˈsʊpɪs/; March 17, 1922 – November 17, 2014) was an American philosopher who made significant contributions to philosophy of science, the theory of measurement, the foundations of quantum mechanics, decision theory, psychology and educational technology. He was the Lucie Stern Professor of Philosophy Emeritus at Stanford University and until January 2010 was the Director of the Education Program for Gifted Youth also at Stanford.
Suppes was born on March 17, 1922, in Tulsa, Oklahoma. He grew up as an only child, later with a half brother George who was born in 1943 after Patrick had entered the army. His grandfather, C.E. Suppes, had moved to Oklahoma from Ohio. Suppes' father and grandfather were independent oil men. His mother died when he was a young boy. He was raised by his stepmother, who married his father before he was six years old. His parents did not have much formal education.
Suppes began college at the University of Oklahoma in 1939, but transferred to the University of Chicago in his second year, citing boredom with intellectual life in Oklahoma as his primary motivation. In his third year, at the insistence of his family, Suppes attended the University of Tulsa, majoring in physics, before entering the Army Reserves in 1942. In 1943 he returned to the University of Chicago and graduated with a B.S. in meteorology, and was stationed shortly thereafter at the Solomon Islands to serve during World War II.
Suppes was discharged from the Army Air Force in 1946. In January 1947 he entered Columbia University as a graduate student in philosophy as a student of Ernest Nagel and received a PhD in 1950. In 1952 he went to Stanford University, and from 1959 to 1992 he was the director of the Institute for Mathematical Studies in the Social Sciences (IMSSS). (He was later to become the Lucie Stern Professor of Philosophy, Emeritus, at Stanford.
In the 1960s Suppes and Richard C. Atkinson (the future president of the University of California) conducted experiments in using computers to teach math and reading to schoolchildren in the Palo Alto area. Stanford's Education Program for Gifted Youth and Computer Curriculum Corporation (CCC, now named Pearson Education Technologies) are indirect descendants of those early experiments. At Stanford, Suppes was instrumental in encouraging the development of high-technology companies that were springing up in the field of educational software up into the 1990s, (such as Bien Logic).
One computer used in Suppes and Atkinson's Computer-assisted Instruction (CAI) experiments was the specialized IBM 1500 Instructional System. Seeded by a research grant in 1964 from the U.S. Department of Education to the Institute for Mathematical Studies in the Social Sciences at Stanford University, the IBM 1500 CAI system was initially prototyped at the Brentwood Elementary School (Ravenswood City School District) in East Palo Alto, California by Suppes. The students first used the system in 1966.
During the 1950s and 1960s Suppes collaborated with Donald Davidson on decision theory, at Stanford. Their initial work followed lines of thinking which had been anticipated in 1926 by Frank P. Ramsey, and involved experimental testing of their theories, culminating in the 1957 monograph Decision Making: An Experimental Approach. Such commentators as Kirk Ludwig trace the origins of Davidson's theory of radical interpretation to his formative work with Suppes.
In 1965 he was elected as a member of the National Academy of Sciences for his work on mathematical psychology.
On November 13, 1990, President George H. W. Bush awarded Suppes with the prestigious President's National Medal of Science for work in Behavioral and Social Science.
In 1994 he was inducted as a Fellow of the Association for Computing Machinery. He is the laureate of the 2003 Lakatos Award for his contributions to the philosophy of science.
He is a member of the Norwegian Academy of Science and Letters.
 
Bibliography:
Suppes, Patrick; Arrow, Kenneth J.; Karlin, Samuel (1960). Mathematical models in the social sciences, 1959: Proceedings of the first Stanford symposium. Stanford, California: Stanford University Press. ISBN 9780804700214.
Including: Suppes, Patrick (1960), Stimulus-sampling theory for a continuum of response, pp. 348–363.
Suppes, Patrick (1972) (1960). Axiomatic Set Theory. Dover. Spanish translation by H. A. Castillo, Teoria Axiomatica de Conjuntos.
Suppes, Patrick (1984).Probabilistic Metaphysics, Blackwell Pub; Reprint edition (October 1986)
Humphreys, P. (1994). Patrick Suppes: Scientific Philosopher, Synthese Library (Springer-Verlag).
Vol. 1: Probability and Probabilistic Causality.
Vol. 2: Philosophy of Physics, Theory Structure and Measurement, and Action Theory.
Suppes, Patrick (1999) (1957). Introduction to Logic. Dover. Spanish translation by G. A. Carrasco, Introduccion a la logica simbolica. Chinese translation by Fu-Tseng Liu.
Suppes, Patrick (2002). Representation and Invariance of Scientific Structures. CSLI (distributed by the University of Chicago Press).
Suppes, Patrick; Hill, Shirley (2002) (1964). A First Course in Mathematical Logic. Dover. Spanish translation.
Suppes, Patrick; Luce, R. Duncn; Krantz, David; Tversky, Amos (2007) (1972). Foundations of Measurement, Vols. 1–3. Dover
  

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